Ce n'est pas dans mon habitude de diffuser des tracts, surtout ici, mais il y a des fois ou je pense que ça peut être interessant, si on lit un peu entre les lignes :
Xéme Chambre - Séance spéciale LSQ
Le mardi 05 octobre 2004 à partir de 13h30
24 procès LSQ inscrits au rôle du Tribunal
RDV au m°cité demain à 13h00 devant le Palais de Justice
Le mardi 5 octobre 2004 à partir de 13h30, 24 personnes seront jugées pour délit de fraude habituelle. Soyons nombreux-ses, présent-e-s, pour soutenir ces voyageurs sans billet : chômeurs-euses, précaires immigré-e-s et autres pauvres qui seront jugé-e-s ce jour là par la Cour de la xème chambre du TGI de Paris.
Rappel : le délit de fraude habituelle a été instauré par la loi LSQ votée le 15 novembre 2001 par le PS et la droite. Le législateur a innové en posant une équation étrange : 11 contraventions = 1 délit et les sanctions prévues pour ce délit sont très lourdes puisque pouvant aller jusqu'à 7500 euros d'amende et/ou 6 mois de prison ferme. En clair "la machine à punir est sur les rails, si tu peux pas payer tu vas en taule."
Depuis le début de l'été 2002 (procès de Chartres), les jugements et les condamnations se sont multipliées. Tout récemment encore, un jeune lyonnais, handicapé, SDF depuis l'âge de 15ans, a été contrôlé, interpellé, jugé, condamné à 2 mois de prison ferme et écroué immédiatement. Son crime : il avait pris le métro de Lyon une fois de trop et ce pour se rendre dans un lieu d'hébergement où il comptait passer la nuit.
Parmi les personnes qui seront jugées le mardi 5 octobre à 13h30 : une jeune femme de 22 ans, de nationalité Française et Tunisienne. Appelons la Malika pour respecter son anonymat. Malika a quitté le domicile de ses parents « parce que ça ne se passait pas bien chez elle », parce que, si elle ne l'avait pas fait , elle
n'aurait jamais été majeure. Ce fut le début de son errance en région Parisienne, 6 ou 7 mois de pauvreté - les jeunes de moins de 25 ans sont interdits de RMI, on leur refuse toute autonomie financière et on les condamne par là même à rester dans une situation de dépendance totale vis à vis de leur parents.
Au cours de cette période Malika a beaucoup pris le train et cumulé les amendes. Mais un jour elle n'a pas supporté « les propos à caractère racial du contrôleur, ça s'est mal passé » et Malika a été interpellée par la police. Elle est, avec 23 autres voyageurs sans billet, citée à comparaître, le mardi 5 octobre 2004 à 13h30, devant la Xéme chambre du TGI de Paris.
Malika ne sera probablement pas à son procès parce que, après ces 6 ou 7 mois d'errance , elle a fini par rejoindre un ami à Toulouse où, chose inespérée, elle vient de trouver son premier emploi, caissière à temps partiel dans un supermarché. Malika n'ose pas demander une journée pour aller à Paris, « pour nous c'est tellement dur de trouver un travail », elle craint que son employeur mette fin à sa période d'essai. Elle n'a pas encore reçu le moindre salaire, donc pas d'argent pour prendre le train ou l'avion (l'avion est moins cher sur ce trajet). Mais surtout Malika a peur que l'affaire soit portée à la connaissance non seulement de son employeur mais aussi de sa famille. C'est pourquoi Malika (qui ne s'appelle pas Malika) tient tant à son anonymat.
Quoi qu'il en soit :
Soyons nombreux-ses, présent-e-s, pour soutenir Malika, pour soutenir ces voyageurs sans billet : chômeurs-euses, précaires immigré-e-s et autres pauvres qui seront jugé-e-s ce mardi 5 octobre 2004, à 13h30 par la Cour de la xème chambre du TGI de Paris.
Faites suivre l'info.
Pour l'Abrogation de la loi LSQ et des Transports Publics accessibles à
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