Le samedi 21 octobre
Pascal Clément et ses prisons
Hier matin, on a eu un super numéro de démagogie à la radio, sur France Inter, par Pascal Clément.
Suite à la parrution du résultat du sondage de l'Observatoire Internationnal des Prisons, France Inter et Libération consacraient leurs journaux respectifs à l'analyse des résultats du sondage et à une réflexion sur le rôle des prisons, ainsi que des conditions de vie à l'intérieur de celles-ci.
Ce n'est pas la première fois que je parle de ce sujet ici, et c'est donc tout naturellement que j'ai preté une oreille attendive à ce qu'il s'était dit hier matin sur France Inter. La partie débat (8h20 à 9h) a été consacrée pour commencer à Robert Badinter, qui milite contre la peine de mort et également pour de meilleurs conditions au sein des prisons françaises. Le dialogue s'est porté sur la situation carcérale actuelle.
Et l'on apprend, ou l'on se rapelle, que les prisons sont peuplées à 140 %, avec 2 personnes pour 9 m² en moyenne, que les douches sont collectives, que les toilettes sont ouvertes, que la télé est à environ 15 € par mois et par personne (pour les six chaines gratuites), et que les prisonniers sont payés une misère et au rendement[1] pour le travail effectué. Dans Libé, j'ai également appris qu'on pouvait laisser agoniser des gens en cellule la nuit "parce que l'ouverture de la porte n'est pas réglementaire à cette heure de la journée", et que les ordonnances médicales étaient renouvellées par photocopieuse, faute de temps pour les consultation. On apprennait sur les deux médias que la proportions de schyzophrènes en prison étaient de 7% (contre 1% pour le reste du monde).
Personnellement, je suis toujours choqué d'entendre qu'en France existe un tel enfer. Visiblement, ce n'était pas le cas de M. Clément, toujours prompt à défendre les victimes qui, je pense, se seraient bien passer de cette défense aussi nauséabonde. En effet, alors que M. Badinter expliquait aux auditeurs toute la détresse dans laquelle se trouve les détenus, M. Clément répliquait que la droite n'avait rien à se reprocher, que tout était la faute de la gauche, etc. Un vrai meeting éléctoral, assez surprenant sur ce sujet pourtant présenté sous un angle neutre jusqu'à cet instant. Et quand ce n'était pas la faute de la gauche, il fallait penser aux victimes, pauvres victimes, etc. Pour rapel, M. Sarkozy parle tous les jours des victimes des différents faits divers qui émaillent l'actualité, on est donc loin des propos tenus par M. Clément.
Moi même, en temps qu'ex victime (voir les entrées à partir du 27 novembre 2003, entre autre) d'une agression, je me suis senti outré qu'un pantin pareil puisse s'approprier le malheur des autres pour des raisons purement politiciennes ! Le pire, c'est qu'il fanfaronnait à la radio pour expliquer que si cette étude avait pu être mené à bien, c'était parce qu'il avait expressement donné sa permission, sachant que les prisonniers n'ont pas le droit de manifester de leur propre initiative.
Mais qu'est ce que c'est que cette façon de se conduire ? Qu'est ce qui permet à Pascal Clément de jouer au petit roi de droit divin dans les prisons françaises ? Ce questionnaire, conçu par BVA Opinion, devait être distribué et analysé. Ce que M. Clément a fait, ce n'est pas un geste d'homme au grand coeur, c'etait une obligation morale envers les Français. Il n'y a pas de quoi s'en vanter, comme il n'y a pas de quoi se vanter de ne pas être corrompus : c'est normal.
En outre, je viens de lire l'article de Wikipedia qui lui est consacré, et je trouve dangereux que l'on mette au poste de Garde des Sceaux (ministère de la justice) un homme qui pronne ouvertement la peine de mort ainsi que la promulgations de lois anticonstitutionnelles. Visbilement, ça ne choque pas la clique actuellement au gouvernement.
Pour terminer, j'aimerais reprendre la remarque que l'on retrouve, d'après France Inter, en bas d'une part non négligeable de formulaires : les prisonniers ne sont pas des animaux. Et à ce titre, la Déclaration universelle des Droits de l'Homme s'applique également à eux.
Notes
[1] Clause absolument interdite dans le code du travail, auquel les prisonniers ne sont pourtant pas soumis.
1. Le lundi 23 octobre à 10:11, par fennec
2. Le lundi 23 octobre à 20:44, par Emmanuel
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