le jeudi 28 juin
Les Échos en grève. (2)
Bon, après l'entrée provoc', une petite réflexion sur les déboires actuels de la presse écrite. Je ne parlerai pas des actualités télévisées, puisque de toute façon, il y a bien longtemps qu'il n'y a plus aucune indépendance dans le petit écran. Même les sages troublions d'Arrêt sur images sont partis.
Si on regarde les entreprises derrières les titres influents de la presse, on peut constater que derrière pas mal de journaux se trouvent un grand groupe financier (Lagardère, Dassault, de Rotschild). Qu'en est-il de l'indépendance des journalistes ? On constate depuis quelques mois / années, des pressions plus ou moins réelles de forces discrètes sur le contenu redactionnel de certains journaux. On peut citer par exemple les déboires d'Alain Genestar (bon, là, c'est caricatural).
Le problème est tout de même plus complexe : les cas de censure et de pressions réelles sont en fait assez rare, et souvent signalées. Ce n'est pas sur ce point qu'il est important de se focaliser. Le problème vient du fait que d'être sous le contrôle de quelqu'un d'autre, directement ou indirectement, influera sur les réflexions et les écrits qu'un journaliste pourrait avoir. Il s'agit en somme d'une auto-censure très difficile à percevoir, mais qui aboutie au même résultat.
Si l'on prend l'exemple des Échos, il est peu probable que LVMH tente une quelconque manœuvre destinée à influer sur le choix des articles et des thèmes du journal. Cependant la rédaction, connaissant les personnes qui au final paye leur salaire, sera moins encline à critiquer LVMH, et même plus partiale, vivant les choses de l'intérieur. C'est la distance vis à vis de l'élément étudié qui permet d'être à peu prêt sincère dans ses propos. Et c'est pour ça que les journalistes des Échos s'inquiètent (à juste titre, à vrai dire) : ils n'auront plus la distance requise pour exposer de façon sereine les manœuvres du groupe LVMH, qui rappelons-le, est le premier groupe mondial en matière de produit de luxe, et donc de ce fait un acteur important sur la scène économique française.
Ce n'est pas le cas que pour les échos. Tous les journaux contrôlés par un groupe influent sont dans le même cas.


