le lundi 3 novembre

Le Bercy Village

Hier soir, j'avais rendez-vous avec Bankair pour aller voir Ken Park à Bercy. On s'était donné rendez-vous 20 minutes avant le début de la séance, histoire d'aller prendre un verre à coté en attendant.

On est donc rentré dans un de ces bars branchouilleux-trèsCher... 8 € le coca, en effet, c'est même plus cher qu'en boite. Cela dit, cela n'a pas été tres grave, puisqu'en 20 minute, la seule serveuse qui est passé est venu pour nous demander si ça ne sentait pas le cramé.

- dite, ça sent pas le cramé ici ?
- euh, non pourquoi ?
- ah bon, c'est moi qui rêve...

Donc, on est repartit 20 minutes plus tard sans prendre la moindre conso (vu le prix heureusement), après s'être installé pour fumer une cigarette... Certains diront qu'on a squatté le lieu, mais cela n'a visiblement pas choqué les gens puiqu'ils nous ont même dit au revoir quand on est partit (sans commander quoique ce soit bien sur).

Ensuite, on est allé voir Ken Park, et j'ai beaucoup aimé. Ceux qui connaissent mes gouts et qui ont vu le film savent tres bien pourquoi... Oui, Shawn est vraiment tres mignon. Bankair a bien aimé, mais Emilie pas du tout... Bon, c'est vrai que ce n'est pas le genre de film qu'on va voir comme ça en improvisant...

Oui, franchement, Ken Park est un film que j'ai bien apprécié (et pas uniquement pour la population locale de Visalia), j'ai trouvé ça plus interessant que le début de traffic que j'avais vu juste avant...

Bon, bah apres, on est allé manger un morceau dans un temple de la consommation, puis boire un caffé dans un truc bien cher place de la Bastille... Voila, une soiré bien sympa.

Ken Park

Ken Park n'est pas un film comme j'ai l'habitude d'en voir. C'est un film américain (plus précisement americano-franco-néerlandais), tourné en Californie. Il est à l'opposé de ce que les studios d'holywood nous proposent à longueur de temps. Ici, c'est réellement à du cinema d'auteur qu'on a à faire.

Le scenario n'est pas bien épais : l'accent est surtout mis entre les relations ambivalentes qui existent entre différents habitants d'une petite ville californienne (Visalia). C'est un film assez violent, et surtout très cru (je m'attendais un peu à ça, mais peut-être pas à ce point non plus).

Le film nous présente 4 personnages et leur entourage, dont Ken Park (photo plus bas) dont nous assistons en direct à son suicide (âmes sensibles, s'abstenir...). Deja, ça donne le ton du film : on est dans la vrai vie américaine, pas dans un film à l'eau de rose... Les autres personnages (Shawn, Claude, Peaches et Tate, ainsi que leur entourage) du film seront présentés tour à tour montrant leurs perversions (sexuelle ou non, refoulées, ou dans la plupart des cas assumées), parfois anodines, parfois plus dangereuses, (les personnages) souvent abandonnés à leur sort.

L'idée du film, enfin tout du moins, ce que j'en ai tiré, n'est pas de faire une critique sur la violence de la société américaine, mais simplement de montrer le poids des non-dits sur une société médiocre (montrée comme telle tout du moins). On peut aussi interpréter le film comme un appel à l'edonisme, comme le montrent les scènes finales. Les trois personnages restant sont rassemblés et (forniquent) parlent d'une société utopique où il n'y aurait pas de guerre et où on ferrait l'amour 16 fois par jour, tous les jours...

Le film n'a pas de message clair à faire passé, il nous incite juste à réflechir sur la façon dont nous envisageons nos fantasmes, vis à vis d'une société castratrice (comme montré par le père de peaches), ou completement indifférente (la mère de la copine de Shawn). Bon, evidemment, pour les grands conservateurs de la morale, ce film est evidemment scandaleux, de part la nature des images et des concepts (sexe, drogue...).